Vacation vide vs heures non offertes : deux poches, deux stratégies, deux horizons

Quand on parle de sous-performance d'un bloc opératoire, on pense souvent à la salle qui déborde, au démarrage tardif, aux urgences non planifiées. Rarement à la capacité qui disparaît silencieusement, avant même que le premier patient entre.
C'est pourtant là que se joue l'essentiel.
31 % du potentiel réellement utilisé
Le benchmark SmartOp (mai 2026) décompose le potentiel opératoire d'un bloc en quatre blocs distincts, sur une base de 2 440 heures par salle et par an (potentiel d'ouverture ANAP) :
- 761 h → vacation réellement occupée (TROV) — 31 %
- 367 h → débord — 15 %
- 560 h → vacation vide (TVO ouvert mais non occupé) — 23 %
- 752 h → heures non offertes (potentiel jamais ouvert) — 31 %
Le bloc moyen ouvre 54 % de son potentiel. Sur ce qu'il ouvre, il n'occupe que 58 %. Au total, seulement 31 % du potentiel est transformé en activité chirurgicale effective.
La perte ne se joue pas principalement en salle. Elle se joue à la planification.
Deux poches, deux natures de problème
Ces 1 312 heures non productives par salle et par an (560 + 752) ne se gèrent pas de la même façon. Ce sont deux problèmes distincts, qui appellent deux stratégies distinctes.
Poche 1 — La vacation vide : 560 h/salle/an
Ces heures correspondent à des vacations déjà ouvertes. Le personnel est déjà rémunéré. La salle est déjà disponible. Rien ne manque , sauf l'activité pour remplir le créneau.
C'est la poche mobilisable immédiatement, sans décision capitalistique. Il s'agit de densifier ce qui existe déjà : améliorer la programmation, réduire les fins précoces (13,2 % en moyenne sur le parc), mieux allouer les créneaux disponibles entre spécialités et chirurgiens.
La valeur récupérable est estimée à ~308 000 €/salle/an , sans ouvrir une nouvelle salle, sans recruter, sans investissement immobilier.
Poche 2 — Les heures non offertes : 752 h/salle/an
Ces heures n'ont jamais été transformées en vacation. Elles représentent un potentiel que le bloc a choisi , ou subi , de ne pas activer. Ouvrir ces créneaux demande une décision stratégique : recruter, restructurer le programme, ouvrir de nouvelles vacations, arbitrer entre spécialités.
C'est une poche plus grande, mais son activation relève de la direction , pas du cadre de bloc seul. L'horizon est plus long, et les prérequis sont plus lourds.
Ce que ça implique concrètement
Pour le cadre de bloc, l'enjeu est d'identifier en temps réel quelles vacations sont sous-remplies, quelles spécialités laissent partir des créneaux vides, et où se concentrent les fins précoces. C'est exactement ce que le module StatOp de SmartOp rend possible : des indicateurs d'activité et d'efficience qui transforment une intuition en décision argumentée.
Pour la direction, la poche 2 est l'objet d'une décision stratégique à part entière. Elle suppose de savoir précisément combien d'heures sont aujourd'hui non offertes, par salle, par spécialité, par période , pour arbitrer en connaissance de cause entre ouverture de vacations, recrutement ou restructuration du programme.
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