Deux à trois salles récupérables sans construire ni recruter — ce que dit le benchmark 2026

Un bloc opératoire n'est pas nécessairement un bloc occupé. C'est l'un des constats du Benchmark Bloc Opératoire SmartOp (édition mai 2026), construit à partir du parc clients de la plateforme, établissements publics et privés confondus, toutes régions et spécialités.
Le point de départ : 61,5 % d'occupation, cible ANAP à 85 %
Le taux d'occupation moyen mesuré sur le parc est de 61,5 %, quand la cible fixée par l'ANAP est de 85 %. L'écart est de 25 points. Et il ne s'explique pas par la taille de l'établissement : même les blocs de plus de 20 salles plafonnent à 62,8 % d'occupation. Aucune tranche de taille, du plus petit bloc (moins de 6 salles, 53,9 %) au plus grand, n'approche la cible ANAP.
Où se cache la capacité perdue
Le benchmark décompose le potentiel théorique d'ouverture d'une salle (2 440 heures par salle et par an) en trois blocs :
- 761 heures réellement occupées (le temps de vacation réellement occupé, ou TROV)
- 560 heures de vacation ouverte mais non occupée : la « vacation vide »
- 752 heures qui ne sont jamais ouvertes du tout : le potentiel « non offert »
Le bloc moyen n'ouvre que 54 % de son potentiel théorique, et n'occupe que 58 % de ce qu'il a ouvert. Au total, seulement 31 % du potentiel de la salle est transformé en activité réelle. Le benchmark est clair sur ce point : la perte se joue d'abord au niveau de la planification, pas de la capacité physique.
La poche mobilisable sans investir : la vacation vide
Sur les deux poches de capacité identifiées, l'une est mobilisable immédiatement, l'autre demande une décision stratégique :
- La vacation vide (560 heures par salle et par an) est une vacation déjà ouverte, déjà rémunérée. Il s'agit uniquement de la densifier. Le benchmark chiffre cette poche à environ 308 000 € par salle et par an de valeur récupérable, sans décision capitalistique.
- Les heures non offertes (752 heures par salle et par an) nécessitent d'ouvrir de nouvelles vacations, de recruter ou de restructurer le programme — une décision qui relève de la direction.
À horizon 12 mois, le benchmark identifie la première poche — la vacation vide — comme la plus exploitable : elle ne nécessite ni construction, ni recrutement.
Le débord, deuxième gisement
Le débord ANAP moyen du parc atteint 10,7 %, soit plus de deux fois le seuil ANAP fixé à 5 %. Il est plus marqué dans le public (12,4 %) que dans le privé (9,4 %), en partie parce que les urgences y représentent une part d'activité environ 3,5 fois supérieure. Réduire ce débord de 5,7 points pour revenir au seuil représente, pour un bloc moyen de 12 salles, environ 900 heures de bloc récupérées et 500 000 € d'économies annuelles. Réduire le débord post-vacation de seulement 2 points représente déjà, selon le benchmark, 30 à 60 heures de bloc utiles récupérées par salle et par an, avec un retour sur investissement de l'ordre de 6 à 8 mois pour un établissement de 12 salles.
Concrètement : 2 à 3 salles récupérables
En combinant ces gisements — vacation vide et réduction du débord — le benchmark aboutit à un takeaway central : pour atteindre la cible ANAP de 85 %, l'équivalent de 2 à 3 salles de capacité est récupérable par établissement, sans construire un mètre carré supplémentaire ni recruter. Le levier identifié par le benchmark n'est ni immobilier ni un recrutement : c'est une lecture chiffrée et partagée de la programmation, entre direction, cadres de bloc et chirurgiens.
Autre enseignement du benchmark : le mix d'activité pèse plus lourd que la taille du bloc. Les établissements au profil « mixte équilibré » affichent 65 % d'occupation contre 55 % pour les profils « lourd hospitalier » — un écart de 9 points qui dépend de l'organisation du programme, pas du nombre de salles.
Le rôle d'une lecture chiffrée partagée
C'est précisément ce que vise SmartOp, éditeur du benchmark : une plateforme de pilotage de bloc opératoire qui mesure automatiquement les cinq indicateurs ANAP (occupation, débord, démarrage tardif, fin précoce, taux d'urgences), sans saisie manuelle, et qui produit un rapport mensuel destiné au comité de bloc pour aligner direction, cadres et chirurgiens sur les mêmes chiffres. Selon le benchmark, les modèles prédictifs de SmartOp anticipent 92 % des débordements de bloc avant qu'ils ne surviennent, permettant une redistribution de la programmation en amont.
Le message du benchmark est sans ambiguïté : la capacité manquante existe déjà, elle est financée, elle est équipée — elle n'est simplement pas visible au moment où la décision de programmation est prise.
Pourquoi le mix d'activité explique plus la performance d'un bloc que sa taille
Face à un taux d'occupation décevant, le réflexe est souvent de l'attribuer à la taille du bloc : trop petit, trop peu de salles pour lisser l'activité. Le Benchmark Bloc Opératoire SmartOp (édition mai 2026), construit sur le parc clients de la plateforme, invite à nuancer ce réflexe : l'effet taille existe, mais il est limité — et un autre facteur, le mix d'activité, explique davantage la performance d'un bloc.
L'effet taille existe, mais il a ses limites
Le benchmark chiffre l'écart entre tranches de taille : 12 points d'occupation séparent les blocs de moins de 6 salles (53,9 %) de ceux à 11-15 salles (66,1 %), la tranche la plus performante. Mais cet effet n'est pas linéaire. Au-delà de 15 salles, l'occupation redescend : 65,1 % pour les blocs de 16 à 20 salles, puis 62,8 % pour ceux de plus de 20 salles. Autrement dit, grandir ne suffit pas à mieux performer — et aucune tranche de taille, quelle qu'elle soit, n'atteint la cible ANAP de 85 %.
Trois profils selon le mix d'activité
Le benchmark segmente ensuite les blocs non plus par taille, mais par part d'activité ambulatoire, et distingue trois profils :
- Ambulatoire-dominant (plus de 60 % d'ambulatoire) : 66,5 % d'occupation, 8,5 % de débord ANAP
- Mixte équilibré (40 à 60 % d'ambulatoire) : 63,4 % d'occupation, 7,8 % de débord ANAP
- Lourd hospitalier (moins de 40 % d'ambulatoire) : 55,4 % d'occupation, 14,7 % de débord ANAP
Le profil ambulatoire-dominant surperforme sur l'occupation, suivi de près par le profil mixte équilibré. Le benchmark y voit une signature opérationnelle propre à l'établissement, indépendante de sa taille.
La double peine du bloc « lourd hospitalier »
Le profil lourd hospitalier cumule deux pénalités par rapport au profil ambulatoire-dominant : 11 points d'occupation en moins, et environ 6 points de débord en plus. Le benchmark l'explique simplement : l'activité non programmée — les cas lourds, moins prévisibles — pèse mécaniquement davantage sur la lecture chiffrée du bloc, à la fois en réduisant l'occupation programmée et en augmentant le débord post-vacation.
Le mix bat la taille
Le benchmark formule le constat sans détour : le mix d'activité explique plus de performance que la taille du bloc. Pour diagnostiquer un établissement, il recommande de regarder d'abord son profil d'activité plutôt que son nombre de salles. Ce point est repris comme l'un des cinq chiffres clés du benchmark : l'écart de performance entre un bloc au mix « mixte équilibré » (65 % d'occupation) et un bloc « lourd hospitalier » (55 % d'occupation) atteint 9 points — un écart supérieur à celui observé entre certaines tranches de taille.
Le benchmark note par ailleurs que l'effet taille lui-même n'est pas homogène selon le type d'établissement : le secteur privé gagne 14 points d'occupation entre les blocs de moins de 6 salles et ceux de 11 à 15 salles, contre seulement 7 points pour le secteur public. La taille profite donc surtout au privé — ce qui confirme, une nouvelle fois, que la taille seule ne suffit pas à expliquer la performance, et que d'autres facteurs structurels — dont le mix d'activité — interviennent davantage.
Ce que ça change pour le pilotage d'un bloc
Cette lecture a une conséquence directe pour les comités de bloc : comparer deux établissements de taille équivalente sans tenir compte de leur mix d'activité conduit à des conclusions erronées. Un bloc à dominante ambulatoire et un bloc à dominante lourd hospitalière n'ont pas le même potentiel d'occupation atteignable, ni le même niveau de débord « normal ». Le benchmark recommande de replacer chaque établissement dans son segment de référence — taille, mais aussi mix d'activité — avant de juger sa performance sur les seuls indicateurs ANAP bruts.
C'est précisément l'un des rôles d'un pilotage chiffré du bloc opératoire, tel que le propose SmartOp : mesurer automatiquement les indicateurs ANAP (occupation, débord, démarrage tardif, fin précoce, taux d'urgences) et les recontextualiser dans un rapport partagé en comité de bloc, pour que direction, cadres et chirurgiens discutent à partir des mêmes chiffres — et du bon point de comparaison.









